Accouchement de Litchi... Suite !
J-5, un peu avant 17h
Nous montons au troisième étage de la Maternité (Diaconnesses).
Emotions. Je me revois au même endroit, 18 mois plus tôt...
Une
sage-femme nous accueille. Je m'apprête à lui raconter ma laïfe, mon CV
et mon pédigré lorsqu'elle nous surprend par une question, toute aussi
mythique :
"C'est vous la nana dilatée à 5 qui se ballade dans le quartier?"
Bon, bah ça... c'est fait!
Elle ajoute "Cela fait 2h qu'on vous attend en Salle de Naissance. Allez-y, installez-vous, ma collègue arrive bientôt pour vous examiner".
Nous nous posons, sans nous presser.
J'enfile
ma tenue de compétition... Et je demande un ballon pour accompagner les
contractions, qui commencent à être douloureuses (pour de vrai :))
17h: Quelques minutes après notre arrivée en salle de naissance, une sage-femme m'ausculte.
Appelons-la Lola*. C'est elle qui nous accompagnera dans cette incroyable aventure.
"Vous êtes déjà à 8. La péri, c'est maintenant ou pas du tout"
Fichtre.
Je n'avais pas envisagé pouvoir me passer de péridurale. J'avais adoré
la péri de mon premier accouchement (parfaitement dosée, light comme il
faut, me permettant d'être dynamique dans mon travail jusqu'au bout et
d'accoucher accroupie...).
Je décline la péri : "pour l'instant, je n'ai pas encore la sensation d'accoucher"
Conformément à notre souhait, elle nous laisse gérer le travail à deux, avec Grand Kiwi (et le ballon!)
18h : une contraction très douloureuse. J'approche de la phase de desespérance.
Je demande conseille à la sage-femme (péri or not?). Elle estime que j'ai de la marge
"Des
femmes dilatées à 9 qui me parlent comme si elles étaient au salon de
thé, je n'en connais pas beaucoup. Ayez confiance en vous."
LOL... C'est bien là que le bas blesse!
Je n'ai aucune confiance en moi. J'ai peur de paniquer si la douleur se fait plus imposante, plus durable.
Je demande la péridurale.
18h15 : la péridurale est posée, Lola me rompt la poche des eaux.
Puis nous laisse en amoureux, Grand Kiwi et moi.
18h30 : Les contractions se sont rapprochées... et me font mal !
(très mal)
Je comprends que cette fois-ci (contrairement au premier accouchement), la péridurale ne fonctionne pas.
Je me recroqueville en position fœtale sur le côté gauche. Je m'enferme dans ma douleur. Je sors du temps.
19h : une douleur terrible me traverse. Je redresse le buste.
Le bébé vient de descendre dans le bassin. Dans un murmure, je supplie Grand Kiwi d'aller chercher de l'aide.
Envie de pousser... Que je réfrène. Pousser signifierait accompagner cette douleur... Alors que j'ai déjà tellement mal.
19h01 : Lola revient. Dans son sillage, l'interne (il a suivi toute l'aventure depuis le début) et l'infirmière.
Lola met ses gants tout en me regardant. Je la supplie de remettre de la péri.
J'ai trop mal. Trop mal pour accoucher. Je ne m'étais pas préparée à accoucher comme cela.
"Vous êtes géniale. Géniale. Votre capacité à gérer la douleur est hors du commun.
Alors faites-vous confiance. Faites-moi confiance. Votre bébé est dans vos bras dans moins de 10 minutes."
19h10
: le bébé vient de passer (ses épaules). Lola n'a pas besoin de me dire
quoi que ce soit. Spontanément, j'ai pris mon bébé sous les aisselles.
Je le tire, le pose sur mon ventre.
Le bébé hurle.
J'explose.
Sanglots. Gratitude.
Merci la vie. Merci mon Namour. Merci Lola, et toi l'interne, et toi l'infirmière.
L'émotion est infinie.
Quelques secondes plus tard, l'infirmière redresse le bébé.
Nous découvrons... une fille... Litchi !
PS : Certaines vous disent qu'on oublie (la douleur).
Permettez-moi d'apporter mon grain de sable à l'édifice.
A titre personnel, la sensation de douleur ne s'est jamais gravée.
J'ai fait un black-out TOTAL des 9 minutes qui se sont écoulées entre 19h01 et 19h10
Interrogé sur le sujet (que s'est-il passé?), Grand Kiwi a eu une réponse laconique :
"Tu as chanté"

très beau récit Petite Pastèque.
RépondreSupprimerPour n°1, j'ai accouché tellement vite (45 mn entre l'arrivée à la mater et bébé dans nos bras) que la péridurale (posé 15mn avant que tout soit fini) a à peine eu le temps de fonctionner pour l'accouchement en lui-même mais a sans doute aidé pour l'épisode de couture qui a suivi. Si j'écrivais aussi bien que toi, il faudrait que je raconte cet épisode et tous les spectateurs admirant le "couturier"... heureusement que j'étais de très bonne humeur :)
Je n'arrive pas à envisager de mettre plus longtemps pour n°2, de souffrir plus longtemps... J'imagine plutôt qu'il faudra courir vite jusqu'à la mater.
:)
RépondreSupprimerLOL... Comme Cécile, quoi !
J'adorerais lire ton récit ma belle... J'envisage d'ouvrir une rubrique dédiée à l'arrivée sur Terre des princes et princesses de mes amies
Tu serais partante pour ouvrir le bal?
(Très sérieusement!!!)
Sauf que la warriorette (comme tu l'appelles !) a refusé la péri, ce qui lui a permis d'échapper à l'épisio !
SupprimerPour les récits : d'jà fait !
Catégorie "Rétrospective" de Ton Blog Préféré...
@Warriorette: le rapport entre pas de péri et pas d'épisio?
Supprimer@Petite Pastèque: je me tâte entre faire un récit combiné dans quelques jours/semaines ou n°1 tout seul :)
@Cécile : MERCI !!!
SupprimerGrâce à toi j'ai trouvé une super lecture entre 2h et 3h (Litchi chantait à 2h du mat... nez bouché + couche pleine + petit creux => Super ! justement, on s'ennuyait!)
@LilMum : n°1 tout seul ?!!!
@Cécile & LilMum : j'ai un peu l'impression que l'épisio, c'est plus une pratique liée à certains services
Exemple 1 : Diaconnesses & Bluets
=> sauf si souffrance foetale manifeste et / ou épuisement maternel, on ne pratique pas d'épisio!
(que la mère ait opté pour la péri ou non)
=> il n'est pas rare que la sage-femme masse le périnée de la mère (huile, etc.) pour faciliter le passage
=> la théorie sous-jacente : mieux vaut laisser le périnée se déchirer (s'il se déchire!) naturellement. Cicatrisation optimisée...
Exemple 2 : Maternité voisine (je ne la nomme pas... pour des raisons évidentes)
=> témoignage très récent : accouchement en 15 minutes (pas le temps de poser ni perfusion, la péri n'en parlons pas... même pas le temps de se déshabiller!)
... eh bien épisio !
(et pas des moindres)
CCL : il n'est pas si absurde que ça mon rêve - LOL
(le fameux rêve où j'accouche d'un 3ème en un temps record...
Grand Kiwi veut absolument me prendre dans ses bras et courir à la Maternité voisine... Je ne suis pas d'accord... :))
L'infirmière qui est revenue pour m'enguirlander (pour parler poliment) une heure après la naissance de Lilian m'a expliqué:
Supprimer"C'est complètement irresponsable de refuser la péridurale ! Si vous l'aviez eue, au moins on aurait pu faire une épisio ! Votre sage-femme a été bien gentil de ne pas vous en faire, il voulait vous éviter de souffrir pendant qu'on vous aurait recousue."
Précision : Benjamin avait de larges épaules, mais la sage-femme a fait un petit mouvement pour l'aider à passer, et je n'ai eu que de petite éraillures, même pas de déchirure.
Et pour me punir, l'infirmière m'a désinfectée à l'alcool pur ! Et a "oublié" de me préciser qu'il faudrait peut-être que je les soigne un peu. C'est la sage-femme à domicile (oui, je suis sortie à J + 2, malgré les réticences de tout le service à part une sage-femme sympa) qui, quand je lui ai demandé de jeter un oeil car ça picotait encore, s'est moquée de moi en me disant qu'avec de la bétadine en 24h je n'aurais plus rien.
C'est cette même sage-femme qui m'a évité la montée de lait qui promettait d'être terrifiante comme celle que j'avais eue pour Lilian.
Vivement les maisons de naissance !