lundi 26 novembre 2012

Mon premier accouchement

Cette histoire, elle est dédiée à toi, Tata C. qui en a déjà beaucoup (trop) vu durant cette grossesse
A toi, qui portes le premier cousin de Pomme & de Litchi (le premier mec, s'entend-on! car elles ont déjà une charmante cousine L., les veinardes!)

Tata C. adore les récits d'accouchement (et moi aussi, gnâ!)

Alors voici, ma jolie C. de quoi te délecter en caressant ton bidou d'un air niais et assumé :)
Et voici également de quoi rassurer les futures mamans qui "redoutent" un déclenchement.
Le notre fut magique et serein.

Nous avons rencontré Pomme le jour du terme très exactement, appelons-le jour J.

A J-5, Grand Kiwi et moi avons rendez-vous pour une explo (un monitoring). L'examen du col ne montre absolument aucun signe de maturité. Il est long, ferme, tonique. Si peu favorable que la SF refuse de le titiller (de le "décoller"). Nous sommes conviés à la Maternité, pour un déclenchement, le jour J.

Moi qui voulais tant un accouchement spontané, je suis un peu dépitée. Mais je relativise : au moins, je profite pleinement de cette fin de grossesse. Entre la piscine olympique, où je me rends 3 fois par semaine, et la danse (j'ai participé à un festival de danse moderne à J-3... et, surprise!, la prof m'a invitée à réaliser un solo que je connaissais sur le bout des doigts - bonheur!), je m'éclate !

Jour J.
Nous arrivons à la Maternité à 9h. L'examen du col indique un bishop (score de 0 a 10 indiquant la maturité du col) de 4-5 (col long, dilaté à 1-2, consistance & position intermédiaires). 

La SF, Mathilde*, hésite :
- bishop inférieur à 5 => tampon de prostaglandine (propés pour les intimes) pour faire maturer le col, puis 24h après, perfusion d'ocytocine si le travail n'est pas lancé
- bishop supérieur à 5 => perfusion d'ocytocine directement

A titre personnel, je préfère le propès, moins invasif... Quitte à attendre 24h de plus.
Mathilde est d'accord, met en place le propès et nous dit :
"Je vous garde une heure en monito, le temps de vous préparer une chambre"

A 10h15, elle est de retour : "Ça y est, votre chambre est prête, je vous débranche"
Elle se dirige vers le monitoring, pour le défaire. Et s'arrête dans son geste.
"Mais... vous avez des contractions ! Depuis 10h, toutes les deux minutes ! Vous ne les sentez pas?"
- Euh... non
- C'est extra, extra, extra. Le travail est lancé. On vous garde : ça va être pour aujourd'hui!"

L'enthousiasme de Mathilde est communicatif. Bientôt, les contractions s'intensifient. Je les sens.
Aussi, Grand Kiwi et moi demandons un ballon pour accompagner le travail (l'accélérer?) et pour gérer la douleur. Cette journée "en amoureux" alors que nous sommes en plein milieu de semaine (mercredi) est un bonheur. Nous nous sentons comme en vacances. En plus, grâce aux positions "De Gasquet", le travail avance bien.

A 13h, le col est mi-long, dilaté à 3. Direction la "piscine" (grande baignoire triangulaire) ! 
Grand Kiwi est fabuleux : tandis que je me laisse envahir par une sensation d'apesanteur, de bien-être et de chaleur, il me masse les pieds, la nuque, me fait rire à des blagues pourries. Le pied, quoi !

A 16h, je sors de l'eau. Le col est alors effacé, dilaté à 5. 
La douleur est descendue dans les reins. J'ai mal, et je commence à me crisper durant les contractions, au lieu de les "recevoir" et de les laisser agir. Je demande donc une péridurale "light", pour poursuivre mon travail en dynamique (ballon) et accoucher en position accroupie.

L'anesthésiste est un magicien. Il ne fait qu'une seule injection (pas de goutte à goutte), parfaitement dosée. Le différentiel de douleur est tel (douleur +++ => pas grand chose), que je m'endors.

16h35 : non seulement la péridurale n'a pas ralenti le travail, mais elle l'a accéléré. Le col est dilaté à 7.
Mathilde rompt la poche des eaux, les choses sérieuses commencent.
Je m'assis en position Zen, le dos reposant sur le dossier de la table.
Grand Kiwi met dans le lecteur CD les Suites pour Violoncelle de Bach. Magnifique, aérien. 
Je m'endors de nouveau, pendant 1h30.

A mon réveil (18h), Mathilde m'examine et sourit. 
"Vous êtes presque à dilatation totale. Un petit pli, et c'est bon". 
Elle m'invite à revenir sur le ballon, pour aider le bébé à s'engager dans le bassin.
C'est une très bonne idée. D'autant plus que la douleur revient, et que je la gère mieux en bougeant.
Grand Kiwi nous met alors les Suites pour Violon de Bach. Pas de doute, bébé adore ! 

A 18h50, une contraction - différente des autres. Une envie de pousser. 
Mathilde me réinstalle sur la table et m'examine : 
"Bébé arrive ! On voit ses cheveux ! Vous voulez sentir?"
- Non, c'est bon, je vous crois!"
- Toujours motivée pour accoucher accroupie?
- Plus que jamais !"

Elle redresse presque complètement le dossier de la table, me demande de coller mes fesses au dossier, puis elle démonte la table d'accouchement (?!!) - qui ne mesure plus que 40 cm de long, juste la place de mettre mes pieds!

(Et là, Grand Kiwi se sent obligé de faire une vanne pourrie de plus :
"Ma femme a décidé d'accoucher accroupie. Alors tout le monde accroupi s'il-vous-plaît !"  
De fait, la SF est contrainte de se positionner comme moi...  pour garder un œil sur ce qui se passe!)

Mathilde m'explique :
"A la prochaine contraction, vous contractez vos abdominaux, comme si vous vouliez les plaquez contre vos côtes.
- Quoi? Je ne pousse pas?
- Pas la peine, vous avez des muscles puissants [ndlr : Merci les 5 kms de piscine hebdomadaires]. Vous allez faire sortir votre bébé comme s'il s'agissait d'une pâte à dentifrice.. Vous voyez le truc?
- Oui, il m'arrive de me brosser les dents.
- Là, c'est pareil. Vous contractez vos abdos en soufflant. Ok?  

19h : début de la (non) poussée.
Bébé a fait tout le travail. Je l'ai juste un peu aidé, sur trois contractions, en plaquant mes abdominaux contre mes cotes.
19h16 : le bébé est né

Ses épaules sont passées. D'instinct, je mets les mains sous ses aisselles. Je le tire. Le cordon est très court. On me dit d'arrêter de tirer. Comme je suis accroupie au-dessus du vide, et que je le tiens à bout de bras, j'ai peur de le lâcher. On dit à Grand Kiwi de se dépêcher de couper le cordon. Ça y est, le cordon est coupé, je mets le bébé contre moi. Sa tête entre mes seins. Il est toute chaud, tout remuant, tout dodu, tout hurlant. Grand Kiwi pleure. Je ne réalise pas. Pas encore.

Mathilde demande "Vous n'avez pas envie de savoir ce que c'est?"
A vrai dire... Non! Ce bébé est en bonne santé. Le reste...
"Allez, je vais soulever le bébé - et en profiter pour le sécher un peu. 
Monsieur, mettez-vous à côtés de Madame. Comme ça, vous découvrirez son sexe en même temps".

Une fille. Pomme.





















(Interruption du récit... Suite très prochainement :))


* Le prénom a été modifié

2 commentaires:

  1. Superbe récit d'accouchement. Ca rassure à fond :-) et merci pour la dédi !!

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  2. You're welcome Tata C. !

    Pour continuer sur la lancée du jour (citations de réclames - merci Grand Kiwi et son "What else?"), parce que tu le vaux bien !

    :)

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