Mon
Thalys je l'ai eu.
Au vol,
certes.
En
faisant rouvrir les portes qui se fermaient, certes.
Mais
une fois qu’on est assis à sa place, dans le bon train, on s’en fout,
non ?
Tout
commence dans notre paisible ville de banlieue, samedi à 10h36.
Le prochain
train vers Paris est prévu à 10h39.
Le
Thalys part de la Gare du Nord à 11h25. Je suis ZEN
Sauf
que... 10h39, 10h40, ... 10h43
Pas de
train en vue.
Et
soudain, une annonce, lapidaire:
"Le train sans arrêt [ndlr : sans voyageurs,
direction le dépôt] , qui doit passer avant le prochain train pour Paris... a
une avarie et stationne actuellement sur les voies"
Bref,
ce train est bloqué entre la station d'avant et la notre.
J'appelle
Grand Kiwi en rentrant à la maison au grand galop.
Mes 3
amours sont alors attablés autour du petit déjeuner, en pyjama
Quand
j'arrive, 4 minutes plus tard, Litchi, Pomme et Grand Kiwi sont habillés,
chaussés, prêts à partir !
(Nan
mais quel homme ce Grand Kiwi !)
Quelques
minutes plus tard, notre voiture émerge du parking dans un vrombissement peu coutumier
Il est
10h53
Mon
train est (toujours) à 11h25.
Et le
GPS indique...
31
minutes!
Bon. Là
je vous la fais courte.
D'un
côté une Pastèque en mode "mon
Namour, lâche l'affaire, je l'ai loupé. No big deal. Je rachète un billet et je
prends le suivant"...
De
l'autre côté, un Grand Kiwi, toujours optimiste : « Nan mais le GPS
est souvent pessimiste… »
(Tu
parles…)
Pour la
petite histoire, nous avons (illégalement) gagné 2 minutes (sur le GPS) lors de
notre passage sur le périphérique…
Avance considérable (n'est-ce pas?) que nous avons
reperdu Avenue Jean Jaurès, derrière un camion…
(J’ai cru devenir folle !!! j'ai même dit des gros mots devant Pomme et Litchi, honte à moi, je pars me cacher!)
Bref, la voiture était garée à 11h24 :00 sur le parvis de la Gare du Nord.
![]() |
| 11h24... A une minute de l'infarctus... |
Je m’éjecte de la voiture et BOUM.
Je m’étale sur
les pavés du parvis. Je viens de me prendre le pied gauche dans la sacoche de
Grand Kiwi. Lequel devine qu’avec mon état de stress, je risque de rendre
parfaitement inutiles tous les efforts déployés jusqu’à présent.
Il me sort donc la valise du coffre, me la tend et m'encourage d'un vigoureux : « A toi de jouer
maintenant : COURS !!! »
C’est ce que je fais, avec ma valise.
D’ailleurs, je ne cours plus : je vole, je survole (et je bouscule) les obstacles (bagages, gens)
11h24 :20
sec
Je parviens à voir le tableau d’affichage des
trains.
OH MY GOD : Mon train n’est (déjà) plus affiché.
Qu’à cela ne tienne, accompagnée de ma valise à
roulettes, je longe le quai (là où se trouvent les têtes de train) en hurlant « BRUXELLES,
BRUXELLES, BRUXELLES… »
(Pourquoi ? Oui, cela m’a aussi traversé l’esprit
– cette question… mais après !
Euh, je crois que j’attendais naïvement qu’un train
me réponde « OUI, c’est bien moi, ma poule ! »)
![]() |
| 11h24 et 30sec... "NAN mais il est où ce p... de train???" |
11h24 :
30 sec
Je cours, avec une seule image en tête : un train rouge
(Oui, oui, j’écoutais un peu quand Grand Kiwi
expliquait à Pomme « Maman, elle va prendre un train rouge… »)
Je passe devant 2 trains rouges, mais l’affichage
en tête de train indique « ACCES INTERDIT ».
Je continue donc ma course folle.
Avant qu’un gentil monsieur – un petit manutentionnaire
– m’interpelle: « Madame, c’est ce train-là ! »
Et il me montre l’un des deux trains rouges que je
viens de passer.
Un coup d’œil, depuis la tête de train, me liquéfie :
les contrôleurs sur le quai font « au revoir » de la main au contrôleur
de bord, qui recule pour ne pas que la porte ne se ferme sur lui.
Je hurle « BRUXELLES !!!! ATTENDEZ-MOI,
NE PARTEZ PAS SANS MOI, JE VOUS EN PRIE »
Un ange passe.
11h24 :55
sec
« Vous avez votre ticket au moins ? »
Deux bras puissants me soulèvent et deux autres
bras puissants me récupèrent à bord. Ma valise suit
J’ai à peine eu le temps de répondre « OUI ».
Le temps que je réalise ce qui vient de se produire, la porte a fini de se
fermer et le train est parti.
J’explose en sanglots, devant le contrôleur, qui me
regarde impuissant.
J’explique (tout en pleurant… cela requiert
beaucoup d’expérience, je t’enseignerai cela un jour) : « Je pleure
parce que je suis heureuse… J’ai tellement cru que j’allais le louper. J’ai eu
tellement peur.
Je suis tellement émue…. Je peux vous embrasser ? »
Le contrôleur, ravi, enlève son képi et ses
lunettes : « avec grand plaisir »
Et me fait un hug, pendant lequel mes sanglots
redoublent d’intensité
(donc ça a pris un peu de temps, le hug).
Puis, une fois calmée, le gentil contrôleur m’a dit :
« ça va, vous pouvez vous rendre à votre place ? »
J’ai acquiescé, en séchant mes larmes… Et suis
allée m’asseoir. Et j'ai appelé mon Héros.
Un grand Merci mon Namour.
Je ne te le dis sans doute pas assez, mais c’est
chaque jour que tu es mon héros
je veux dire : c'est VRAIMENT chaque jour que tu es mon héros




Eh beh, quelle histoire!...je veux dire VRAIMENT quelle histoire!!! Bravo!
RépondreSupprimermerci, merci, c'est surtout Grand Kiwi qu'il faut féliciter :)
SupprimerMoi, je n'ai fait que conclure ! (et pas seulement avec le contrôleur!!! LOL)
Quel récit épique dis donc!
RépondreSupprimerMoi j'ai pris un train au vol une fois aussi mais je m'étais tellement faite engueulée par le contrôleur que je ne recommencerai plus.
LOL !
SupprimerEh, à la base, je n'avais pas vraiment choisi, hein?
C'est un peu la faute à la RATP toute cette histoire...
Ahaha, je ne me lasse pas de lire ce récit, après l'avoir entendu ce WE !!
RépondreSupprimerEt tout ça pour moi, j'ai qd-même vachement de chance !! You did it !!! :D
Au fait, t'as oublié de raconter cmt le contrôleur l'a ramenée, qd il t'a contrôlée et qu'il t'a sorti "ah mais on se connaît déjà, on s'est embrassés !" lol
RépondreSupprimerOui, ça s'appelle le Double Effet Kiss (Hug) Cool !
SupprimerJe t'embrasse, parce que tu me le demandes...
Et je m'en vante devant tout le wagon (le ridicule ne tue pas... je veux dire le ridicule ne tue VRAIMENT pas) :
"Madame, votre billet s'il-vous-plaît!
Ah non, pas la peine, je vous reconnais, on s'est déjà embrassés!"
VDM
Quelle belle histoire! J'en viendrais même à me dire qu'il y a peut-être encore des gentils controleurs de trains (un peu lourd certes, n'exagérons pas), mais gentils. J'y croyais plus...
RépondreSupprimerOh ! Bah si, il faut y croire :)
SupprimerEnsuite, question existentielle : était-il gentil parce que j'étais en robe - tendance mini -, avec ma poitrine avantageuse d'allaitante, en lentilles (i.e. : sans mes lunettes, qui me donnent toujours un air neu-neu)... et transpirante ?
LOL
Trop forts ce couple de fruits!
RépondreSupprimerJ'adore les histoires de trains chopés (ou ratés) à l'arrache. C'est ma spécialité (oui, en fait, aussi pour les avions, les bus, rentrer au moment où le gardien ferme la grille... je me demande si à l'époque je n'étais juste à l'heure pour grimper dans ma poussette).
Ma fois la plus impressionnante, j'avais une jambe dans le plâtre, 2 béquilles et un sac à dos, le train roulait déjà... Ma fois la plus VDM, j'ai courru comme jamais (oui, je sais, je ne cours pas souvent), on a sauté, dégoulinant de sueur dans le train, fiers de nous... pour nous rendre compte ensuite que c'était le mauvais train :( Le contrôleur ne nous a pas demandé de bisous, mais on a dû payer pour ce trajet.
Énorme (bravo, jolie VDM, en effet !)
RépondreSupprimerSinon, c'est très rafraîchissant de réentendre les récits de LilMum in India :))
Qu’à cela ne tienne, accompagnée de ma valise à roulettes, je longe le quai (là où se trouvent les têtes de train) en hurlant « "*BRUXELLES, BRUXELLES, BRUXELLES…*" »
RépondreSupprimertu m'as tuée. littéralement morte de rire.
Chouette !
SupprimerS'il fait rire, ce blog sert au moins à quelque chose !
:)